Musée Gustave Moreau
 

Gustave Moreau

Musée Gustave Moreau
Portrait du Peintre Gustave Moreau
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Musée Gustave Moreau Paris.Ouvert tous les jours
sauf mardi de 10h00 à 12h45 et de 14h00 à 17h15

 

Musée Gustave Moreau
14, rue La Rochefoucauld
75009 Paris
Tél : 01 48 74 38 50

 

Entre les rues Saint-Lazare, Blanche, de La Rochefoucauld et de La Tour-des-Dames et juste derrière la place Pigalle dont on ne retient aujourd’hui que les charmes plutôt lestes, le quartier de la Nouvelle Athénée a vu s’établir dès 1820 tout ce que le monde des arts et des lettres comptait de célébrités. Citons tout à trac : le tragédien François-Joseph Talma, le peintre Horace Vernet, la talentueuse comédienne Anne-Françoise-Hyppolite Boutet alias Mademoiselle Mars, Alexandre Dumas à qui le voisinage des lorettes, ces demi-mondaines généreusement pourvues par plusieurs admirateurs soucieux d’entretenir (outre leurs amantes d’une heure ou d’un soir) leur image de séducteur émérite, a inspiré un essai plein d’humour publié en 1843 (« Filles, lorettes et courtisanes »). George Sand et Frédéric Chopin y ont mis un bémol à leur union et, en désaccord majeur, s’y séparèrent après quelques années de romance ponctuée de maints soupirs et d’anicroches……


C’est au 14, rue La Rochefoucauld que Monsieur Gustave Moreau (1826-1898), peintre de son état, a organisé dans sa demeure familiale une maison-atelier unique en son genre, où sont exposés aux deuxième et troisième étages quelques 1300 oeuvres et près de 5000 dessins nés d’un imaginaire fécond et d’une sensibilité à fleur d’âme. Il avait écrit dans son testament qu’il léguait sa maison « avec tout ce qu’elle contient » à l’Etat, faisant obligation à ce dernier « de garder toujours [...] ou au moins aussi longtemps que possible, cette collection, en lui conservant son caractère d'ensemble qui permette toujours de constater la somme de travail et d'efforts de l'artiste pendant sa vie ». L’Etat souscrivit tout naturellement à cette disposition et le 14 janvier 1903, Emile Loubet, alors Président de la République inaugura le nouveau musée en grande pompe.


Si l’oeuvre de Gustave Moreau est familière aux artistes, elle ne l’est peut-être pas autant du grand public. Raison de plus pour s’y perdre, sans aucun de ces a priori catégoriques et réducteurs, qui sont l’apanage de certains critiques aigris, en mal de reconnaissance. Laissez les couleurs et les lignes s’imprimer sur votre page blanche et vous voilà transportés dans un univers « de tendresse, d’amour, d’enthousiasme et d’élévation religieuse vers les sphères supérieures, […], tout y étant joie d’imagination, de caprices et d’envolées lointaines aux pays sacrés, inconnus, mystérieux ». La mythologie est à l’honneur avec Vénus, Prométhée, les Argonautes et tout un florilège de muses , licornes et déesses. Des récits bibliques chargés de symbolisme sont dramatiquement mis en scène. Certaines oeuvres sont de dimensions impressionnantes et l’on peut aisément imaginer le peintre, en sarrau maculé de taches, juché sur une échelle double, projetant son énergie créatrice dans les couleurs qu’il applique sur la toile.


Salomé, dans ses voiles superbement rebrodés, exhibant des bijoux très travaillés et coiffée d’une tiare somptueuse, danse de manière impudique devant Hérode pour obtenir la tête de Jean-Baptiste. On se prend à évoquer la richesse et la préciosité du trait que l’on trouve chez Gustav Klimt.


Avant d’atteindre les étages supérieurs, vous traverserez les appartements où Gustave Moreau demeura auprès de ses parents et où tout a été conservé ou restauré à l’identique. Profitons-en au passage pour gratifier de notre reconnaissance émue les Musées Nationaux qui veillent si scrupuleusement à la sauvegarde de notre inestimable patrimoine. Le boudoir, le cabinet de réception, la salle à manger et la chambre sont chargés de souvenirs personnels, comme d’un mobilier ayant appartenu à ses parents et à Alexandrine Dureux, qui fut la femme de sa vie mais qu’il n’épousa pas.


Si Gustave Moreau ne connut pas ce qu’il convient de nommer « un succès populaire », il fut très recherché par ses contemporains de la haute bourgeoisie et de l’aristocratie comme le Comte Robert de Montesquiou, ou par de jeunes dandys tels que Marcel Proust et Oscar Wilde. Son passage comme professeur à l’école des Beaux-Arts laissera une empreinte indélébile chez les « Fauves ». Le surréaliste André Breton fut son inconditionnel admirateur.


Pour faire plus ample connaissance avec ce peintre, il vaut la peine d’investir dans le livre édité par les Musées Nationaux, avec de somptueuses illustrations et de remarquables interventions signées Pierre-Louis Mathieu, Geneviève Lacambre et Marie-Cécile Forest.

Arlette Buisson
 


Sources :

  • http://www.musee-moreau.fr
  • http://www.critiques-ordinaires.ouvaton.org
  • http://www.linternaute.com
  • http://aart.free.fr/Moreau.htm
  • http://www.insecula.com
     

     


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