Tour Eiffel
 

Hôtel National des Invalides

7ème arrondissement de Paris - rue de Grenelle

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► Un peu d'histoire à propos des Invalides...
 

Ce vingt-et-unième siècle naissant semble résolument tourner le dos à l’Histoire (notez le déférent H majuscule). Une visite aux Invalides s’impose donc pour réactiver des neurones anesthésiés par un trop plein médiatique, dont la résultante pourrait bien se résumer en une formule lapidaire : « plus on nous informe, et moins on sait ». Preuve en peut être donnée par la lecture réjouissante de bêtisiers divers et variés dont les contemporaines citations dénotent une époustouflante ignorance d’un passé parfois même très proche dont nous sommes pourtant, peu ou prou, tous tributaires.

Pourquoi les Invalides dont le nom en soi n’a rien de bien exaltant ?


En 1670, Louis XIV dit « le Grand » a 32 ans. Il règne depuis déjà 17 ans. Il a acquis au fil des ans la stature de cet immense monarque que les peintres de l’époque dépeignent comme un soleil irradiant la France de ses puissants rayons. Il est dans la force de l’âge lorsque, le 26 février de cette même année, il publie une ordonnance décrétant la création d’un hôtel spécifiquement réservé aux hommes qui l’ont accompagné dans ses guerres. Insigne reconnaissance d’un souverain à ses braves serviteurs, à ses vétérans admirables d’héroïsme.

Ils sont alors 300 000 à se ranger derrière la bannière royale fleurdelisée. 300 000 hommes qu’il a fallu organiser en corps d’armée disciplinés, fougueux au combat, épris de panache et de victoires auxquelles bon nombre d’entre eux paieront un lourd tribut. Nombreux sont-il en effet dans les rangs de ces vaillantes unités ceux qui en reviennent estropiés, unijambistes ou manchots, borgnes ou aveugles. Les médecins d’alors, il est vrai, amputent plus de membres qu’ils n’en remettent, éborgnent sans scrupule, réduisent leurs victimes à la plus totale incapacité, laissent s’enflammer les plaies jusqu’à ce que mort s’ensuive et Molière qui les prend tous pour de pitoyables charlatans ne se prive pas de les livrer à la risée publique. Que seraient devenus ces malheureux mutilés au combat sans la compassion de leur roi, qui sut leur donner asile et réconfort? N’auraient-ils pas été condamnés, et pour le reste de leur vie, à errer par des chemins de grande misère ?

Il n’aura fallu que trois petites années pour aménager un vaste terrain d’environ 127 000 m2 en une enceinte militaire comprenant un hôpital, au demeurant toujours ouvert aujourd’hui pour les serviteurs de la République. Afin d’empêcher que ce havre de paix ne se transforme en véritable Cour des Miracles, les pensionnaires de la couronne royale doivent se soumettre à la stricte observance des règlements de caserne. Ils se divisent en plusieurs compagnies, chacune d’elles étant affectée à des ateliers. L’oisiveté, que Victor Hugo définira plus tard comme « le plus lourd des accablements », n’est évidemment pas alors inscrite au programme. La République quant à elle, témoigne aujourd’hui de plus de mansuétude pour ceux quoi l’ont servi au péril de leur vie.

L’hôtel des Invalides est un ensemble prestigieux dont les harmonieuses proportions nous font oublier la douloureuse nécessité de ses origines. Il abrite aujourd’hui le Musée de l’Armée et la cathédrale Saint-Louis des Invalides avec son église des Soldats et son église du Dôme, étincelante sous le soleil, consacrée aux gloires militaires de la nation. Là repose un autre géant de l’histoire de France. Il s’agit bien sûr de Napoléon dont le corps a été rapatrié depuis l’île de Sainte-Hélène à Paris en 1840. Le retour des cendres donna lieu à d’imposantes funérailles nationales et inspira à Victor Hugo des commentaires vibrants d’émotion. Le corps de l’empereur sera transféré le 15 décembre de cette même année aux Invalides, là même où il avait remis la toute première Légion d’Honneur en 1804 à de valeureux officiers. Le tombeau de l’empereur, de porphyre rouge, ne sera achevé qu’en 1861 et aura nécessité de magistrales transformations du Dôme. Il est exposé dans une vaste rotonde dont les murs portent gravés dans la pierre les réalisations novatrices et toujours actuelles d’un chef d'état qui ne fut pas ce tyran assoiffé de sang et de mort à quoi le réduisent des historiens aveuglés par un esprit partisan.

Les Invalides proposent donc un périple aventureux dans les couloirs du temps. La richesse des collections qui sont proposées, la clarté des exposés, ne peuvent laisser indifférent le visiteur, probablement davantage ému par le souvenir de ceux qui ont donné leur vie à leur pays que par les exploits des bouteurs de feu. Les Invalides ne sont pas un hymne à la gloire des épopées guerrières mais recèlent de vrais trésors qu’il aurait été sacrilège de dérober à notre mémoire collective. Si l’on garde présent à l’esprit la vocation première de cet ensemble, on peut alors sans complexe retrouver une âme d’enfant dans le Département des Armes et Armures anciennes devant les collections d’armures et d’armes de chasse auxquelles de prestigieux manufacturiers ont prêté tout leur savoir-faire et leur créativité, et qui méritent mieux qu’un commentaire désabusé ou aigri sur la vanité des guerres que nous n’avons jamais été capables d’éviter. On constatera que Louis XIV enfant devait trouver bien pesant son casque et inconfortables ses jambières quand il faisait ses preuves avec son maître d’armes, ou que Bayard « le chevalier sans peur et sans reproche » qui s’illustra à la bataille de Marignan, n’était pas d’aussi grande taille que notre imagination d’élève appliqué se le représentait.

Une superbe collection d’uniformes, de l’antiquité la plus reculée à nos jours, du farouche guerrier Hun au rétiaire des arènes romaines et au Polytechnicien du 21ème siècle, redonne éclat et vie à nos souvenirs d’écoliers, lorsque la guerre était pour nous seulement prétexte à joutes innocentes et sans lendemain dans les cours de récréation.

Le Département des Deux guerres mondiales invite à revisiter l’histoire militaire de 1871 à 1945. Ce n’est pas sans émotion qu’à travers une remarquable scénographie, moderne et intelligente, nous réalisons l’atroce réalité des massacres qui ont ensanglanté l’Europe tout au long de cette période. Le goût amer des victoires, le sentiment de notre impuissance à empêcher que jamais ne se reproduisent de telles horreurs, inspireront peut-être à certains quelque sage méditation…..

Les Invalides méritent qu’on leur consacre mieux qu’une de ces visites au pas de charge, concoctées par des organisateurs tenus de rentabiliser leurs circuits, pour des cohortes de touristes stressés ……..

Prévoir une journée. Une cafétéria permet fort à propos de reprendre des forces entre deux portes.


► Sites à voir sur les Invalides...

http://www.insecula.com
http://www.invalides.org
http://fr.wikipedia.org
 

Arlette Buisson
 

► Accès aux Invalides

 
Métro :
 
Latour-Maubourg, ligne 8,
Saint François-Xavier, ligne 13
RER : Ligne C - Invalides
Bus : 28, 63, 69, 80, 82, 83, 87, 92, 93, Balabus
Taxi :
 
Un parc de stationnement souterrain est accessible par l'Esplanade des Invalides.


► Horaires d'ouverture du musée


Le musée des Invalides est ouvert tous les jours, sauf les :
- 1er lundi de chaque mois
- 1er janvier,
- 1er mai,
- 1er novembre
- 25 décembre.

De 10h à 17h, du 1er octobre au 31 mars.
De 10h à 18h, du 1er avril au 30 septembre.


 


Hôtel national des Invalides
129 rue de Grenelle, 75007 PARIS
Standard : 01 44 42 38 77

Site internet des Invalides : http://www.invalides.org

 

 

 

 

 
 

 

 

 

 

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