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► Un peu
d'histoire à propos de la Conciergerie... Chacun sait qu’à Paris il suffit parfois de tourner à un coin de rue pour se trouver face à l’Histoire avec un H majuscule, même lorsqu’elle révèle des épisodes d’apparence anodine, dont on s’apercevra plus tard qu’ils ont pu infléchir drastiquement le cours des évènements. Parfois légère, parfois tragique, l’Histoire de Paris a souvent été « un récit […] plein de fureur et de bruit », expression que nous empruntons, avec la plus grande humilité, au génial dramaturge anglais William Shakespeare.
Fureur et bruit, voilà ce qui en effet caractérise l’histoire de la Conciergerie. Vestige du premier Palais de la Cité, dont l’embellissement fut exigé par Philippe le Bel pour conforter l’image de sa redoutable toute-puissance (magistralement évoquée par l’Académicien Maurice Druon dans son inoubliable saga des « Rois Maudits »), et centre administratif important regroupant le Parlement, la Chancellerie et la Chambre des Comptes, elle devra son nom au Concierge du Palais qui veillait, entre autres, au nom du monarque, à ce que soient ponctuellement versées dans l’escarcelle royale les redevances dues par les boutiquiers y ayant installé leurs échoppes. Il n’aurait pas été astucieux de déplaire à cet intendant : il avait la confiance de son auguste maître, jouissait de ce fait de privilèges non négligeables et il était doté d’un éventuel fort pouvoir de nuisance !!!! Certains du reste en feront plus tard les frais, lorsque la Conciergerie deviendra prison dès la fin du 14ème siècle et le restera jusqu’en 1914. Des trois tours qui subsistent aujourd’hui, on retiendra la Tour Bonbec (au nom tristement révélateur), où se déroulaient les abominables séances de la « question ». On peut supposer qu’exténués par les supplices qui leur étaient infligés, les malheureux prévenus finissaient immanquablement par recouvrer leur faconde et s’accusaient de crimes qu’ils n’avaient pas commis, pour en finir plus vite avec leurs souffrances. Nous vous conseillons de mettre de côté votre petit guide du parfait touriste (vous le retrouverez à la sortie, pour en extraire « la substantifique moelle »), et de vous laisser imprégner par l’atmosphère de ce lieu : il abrita les derniers jours de la malheureuse Marie-Antoinette, d’André Chénier, de Danton qui eut l’audace de condamner les abus de la Terreur, et de tant d’autres qui ne furent pas tous « bien nés » mais durent subir les fureurs du ci-devant Fouquier-Tinville. Il ne fallut que deux ans à cet hystérique accusateur public pour envoyer, avec un zèle assassin, quelques 2600 condamnés « au petit bonheur la chance » à la guillotine, dont il finira par éprouver la froideur de la lame et après avoir été condamné par sa propre juridiction, en 1795. Juste retour des choses. L’Histoire a parfois de ces ironies !!!! On ne peut s’empêcher à l’évocation de tant de drames qu’un peu de tolérance, d’intelligence, et un minimum d’humanité auraient pu éviter, de citer encore une fois Shakespeare : « C'est un malheur du temps que les fous guident les aveugles ». Beaucoup de procès se tinrent là, dont le déroulement et les conséquences ont nourri les annales judiciaires : citons ceux du Maréchal Ney, des anarchistes Ravachol et Orsini, de Violette Nozières, et du sinistre Docteur Petiot. Si tous connurent les rigueurs de la justice, tous ne furent cependant pas conduits à l’échafaud. Arlette Buisson
► Accès à la Conciergerie
Tel: 01 53
40 60 80
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